17 janvier 2006

L'encyclopédie du Nanar Vol 20: Samouraïs

samourais

Réalisé par Giordano Gederlini
Avec Cyril Mourali, Maï Anh Le, Yazuaki Kurata
France - 2001 - 1h30

A l'époque des samouraïs régnait au Japon un démon nommé Shoshin Kodeni.
De nos jours, le commissaire Morio Fujiwara traque cet être démoniaque qui semble immortel. Kodeni est devenu le très puissant maître d'une multinationale spécialisée dans les jeux vidéo de combat. Morio soupçonne le dernier-né de ces jeux - Dark Bushido - de pouvoir se transformer en une arme.
Tandis que le commissaire enquête sur ce nouveau jeu, Kodeni choisit comme cible de sa malédiction Akemi, la fille unique de son adversaire, qui réside à Paris. Afin de contrecarrer les plans de Kodeni, Morio doit faire équipe avec Marco et Nadir, deux jeunes banlieusards habitués des salles de sport.

J'ai l'honneur de vous présenter ce qui est certainement le film français le plus bordélique de tous les temps et qui en plus veut se prendre pour un pur film de genre. Le résultat est tout simplement hallucinant. J'affirme même que nous avons affaire ici au plus gros Nanar français. Oui, ni plus, ni moins. Pour résumer vite fait, l'oeuvre aurait été très sympathique si elle s'avérait être un film amateur. Mais manque de bol, on se retrouve ici face à une assez grosse production (7.5 millions d'euros paraîtrait-il) au casting international (Bon Dieu Kenji Kawai à la composition, mais c'est quoi ce bordel!!!).
Essayons d'éclaircir un peu toute cette histoire.

Bon, le film commence sur fort avec une scène de combat entre un samouraï poursuivant une jeune demoiselle enceinte et une sorte de groupe de sbires qui nous font croirent qu'ils sont gentils, mais ils sont méchants. En effet, pendant le combats, la femme accouche d'une larve, qui en moins de 30 secondes chrono devient un homme, la trentaine, musclé, le crâne scarifié en forme d'araignée, en slip en cuir. Et là on comprend que ce mec, il est pas cool: il bute la femme et le samouraï, qui s'avèrera être en fait le marie de cette femme. Et hop, direction les années 2000. Le cadre: les cités française. Oula le changement est brutal. On échappe pas aux caricatures outrageuses (le rebeu est un petit "escroc", lâche et bien trop bavard, tandis que son amis, un pur français de souche, dont le sourire et la coiffure parfaite n'ont d'égal que son physique de top model pour "Hugo Boss", qui se force à parler le "djeun's"...) le tout saupoudré d'un humour franchement pas drôle. Et vous me direz: "c'est quoi le rapport entre ces deux histoires?". Et bien figurez-vous que le descendant du samouraï n'est autre qu'un policier japonais qui enquête sur la mort mystérieuse d'un concepteur de jeux vidéo travaillant pour un grand méchant de la pègre qui n'est autre que... le descendant de la méchante larve qui commence à se faire vieux et qui cherche un corps pour se réincarner. En bon méchant qui se respecte, il choisit ainsi de se réincarner par l'intermédiaire de la fille du policier japonais. Et je vous le donne dans le mille: cette fille (qui est interprété par une "actrice" d'origine vietnamienne apparemment et qui doit faire honte à son pays tant son jeux d'acteur est limité...) fait la connaissance de nos deux jeunes amis (le beau gosse sans charisme et son ami roublard). Et hop, tout ce beau monde se retrouve enrôlé dans une magnifique aventure sans queue ni tête.

Rajoutons à cela des guests star qui n'ont pas eu froid aux yeux le jour de la signature du contrat (faut en avoir pour osé jouer dans ce genre de film sans utiliser de masques et pseudonymes...) tel que Omar (de Omar et Fred) ou bien Pascal Gentil. Mais la chose la plus choquante (j'ai remis en arrière et sur pause pour être sûr que je ne rêvais pas) est la présence de Kenji Kawai en compositeur du film. Pour les néophytes c'est le grand compositeur des "Ghost in the Shell", des "Ring" et du récent "Seven swords". De plus, son score est franchement très limite, c'est son plus mauvais sans hésitation.

Enfin voilà, je ne vais pas m'étendre plus sur le sujet: des effets spéciaux kitsh, une réalisation très mauvaise durant les combats (orchestrés par Philip Kwok) et un scénario écrit par des personnes aimant trop la drogue pour être au moins deux secondes lucides.
C'est suffisamment marrant pour être appréciable mais aussi largement ringard pour être un pur produit Nanar comme on ose en faire de moins en moins.

Posté par travisisdead à 11:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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