02 janvier 2006

Trois enterrements

sans_titre76

Réalisé par Tommy Lee Jones
Avec Tommy Lee Jones, Barry Pepper, Julio Cedillo
USA - 2004 - 2h00

Le corps de Melquiades Estrada, paysan mexicain, est retrouvé en plein désert, où il a été rapidement enterré après son assassinat. Par qui ?
Pete Perkins, contremaître de la région et meilleur ami de Melquiades, va mener lui-même l'enquête que les autorités locales refusent d'assumer. Seul garant, dans cette étrange région du Texas, d'une réelle humanité, il va découvrir le meurtrier, lui faire déterrer le corps et offrir à son ami le plus beau voyage de sa vie, vers une sépulture honorable dans son Eldorado natal, le Mexique.
Il va aussi offrir à son assassin une magnifique leçon sur la vie des hommes, le sens des valeurs, le respect de la vie.

Voilà, mon année cinéma s'achève ici en beauté avec ce "Trois enterrements" que j'ai enfin pu voir au cinéma, miraculeusement projeté à Salon de Provence et dont j'ignore encore la raison. Et bon Dieu, je suis bien content de finir l'année ainsi. Pour les néophytes, "Trois enterrements" est la première réalisation officiel de Tommy Lee Jones (il avait quand même réalisé un téléfilm il y a une dizaine d'année) et a surtout reçu le prix du meilleur scénario et de l'interprétation (pour Mr Jones) lors du dernier festival de Cannes. Alors, mérité ou pas?

Et bien oui! Sans la moindre hésitation. Tout d'abord il faut signaler que le scénario est signé de la main de Guillermo Arriaga, scénariste attitré du mexicain Alejandro González Inárritu ("Amours chiennes" et "21 grammes") et comme à son habitude il nous fourni un scripte assez tortueux à première vue: montage chronologiquement mélangé, exposition de nombreux personnages qui, apparemment, ne possèdent pas de liaisons entre eux etc.
Le tout s'éclaircie lors de la deuxième partie du film, c'est à dire lors du voyage initiatique qui emmènera nos deux protagonistes à traverser la frontière entre les USA et le Mexique afin d'enterrer décemment la dépouille de Melquiades Estrada.

A première vue, on pouvait craindre de se retrouver face à une oeuvre identique à celle de "21 grammes", de part son thème (la rédemption), son déroulement (scénario mélangé) et sa galerie de personnage. Mais Arriaga a su ici renouveler son genre, pire, il nargue ses détracteurs qui ne voient en lui qu'un scénariste possédant une seule façon de développer ses histoires: le scénariste mexicain commence son histoire en utilisant les mêmes codes que dans ses précédents scénario, mais finit son récit (toute la seconde partie du film quand même!) de façon plus classique, mais sans autant lasser. Bien au contraire, on s'aperçoit que le bonhomme est autant à laisse dans la complexité qu'avec un récit plus linéaire. On reste ainsi fasciné par cette quête initiatique et humble chargée d'onirisme.

La force du film vient aussi de son message, de son idéologie, qui nous montre que l'on possède tous une image fausse de cette Amérique profonde. En effet, malgré le fait que certains personnages s'apparente à ce que l'on pourrait qualifier vulgairement de "bouseux", le film possède quand même un message d'espoir magnifiquement incarné par le personnage de Tommy Lee Jones, qui transcende l'écran du début à la fin. C'est bien pour cela, que j'affirme haut et fort que ce film n'a en aucun cas volé ses deux récompenses à Cannes: l'acteur américain possède ici un charisme monstrueux tout en jouant dans la réserve (c'est un homme meurtrie par la disparition d'un ami tout de même).

N'oublions pas Barry Pepper, qui lui aussi mérite la plus grande attention pour ses futurs rôles (allez pour l'occaz' on oublie que t'a joué dans "Battlefiel Earth" ;) ). Le jeune acteur d'origine canadienne excelle dans ce rôle de bourreau/victime paumé qui ne sait jamais à quoi s'attendre de la part de l'inexpressivité inquiétante de notre "héros" incarné par Jones. Ce dernier (Jones) arrive parfaitement à capter à l'écran la beauté du désert texan et les couleurs chaudes de la photographie de Chris Menges collent parfaitement à l'ambiance générale du film qui pourrait s'apparenter à une sorte de nouveau western (ouhouhou comme qui dirait l'autre MC).

Voilà, que dire de ce film si ce n'est qu'il laisse augurer le meilleur pour l'avenir de ce nouveau né dans la réalisation? Merci Mr Jones de nous avoir livrer cette fable virile sur l'amitié, la rédemption et l'amour. C'est bien ce qu'il manquait pour nous prouver qu'il subsiste malgré tout des grands hommes, même dans un Etat très rustique et austère que celui qu'est le Texas.
Ah oui et merci Besson, qui pour une fois produit le film sans vouloir y toucher au scénario. Merci mille fois!

Posté par travisisdead à 15:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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